Bicentenaire Aristide Cavaillé-Coll
1811-2011

Le grand orgue de Saint-Sernin :
un Cavaillé-Coll d’exception

Toulouse a la chance de posséder l’un des chefs-d’œuvre d’Aristide Cavaillé-Coll, l’extraordinaire facteur d’orgue originaire du Tarn, dont le monde fête cette année le bicentenaire de la naissance (1811-1899).

Le génie de Cavaillé-Coll fut pleinement reconnu de son vivant, dès sa jeunesse, alors qu’il quittait à 22 ans seulement l’atelier toulousain familial pour transformer radicalement l’orgue de la basilique Saint-Denis. Les chantiers et les succès s’enchaînèrent sans répit, et Cavaillé-Coll construisit plus de 500 instruments dans toute l’Europe, des plus grandes cathédrales aux salons les plus huppés.

Malheureusement, la gloire immense de Cavaillé-Coll ne dura pas. Après sa mort, la plupart de ses instruments furent défigurés par des transformations, au nom du néo-classicisme, la nouvelle esthétique en vogue. Pour jouer les nouvelles musiques en vogue au tournant du XXe siècle, ses orgues furent transformés et, le plus souvent, défigurés.

Mais l’orgue de la basilique Saint-Sernin, auquel le maître avait accordé tant de soins, échappa à la destruction. Il est aujourd’hui l’un des rares orgues Cavaillé-Coll du monde qui permettent d’entendre la perfection d’ensemble de l’harmonie imaginées par le facteur, si merveilleusement adaptée aux proportions et à l’acoustique de l’édifice qui l’abrite.

Pour l’instrument de Saint-Sernin, Cavaillé-Coll n’avait ménagé ni son temps ni son art, allant bien au-delà de la commande initiale. L’orgue fut inauguré en novembre 1889 par Alexandre Guilmant. La commission de réception comprit parfaitement que se tenait là un instrument hors du commun. Elle livra, après trois jours d’examen, un rapport admiratif qui, d’emblée, plaça le grand orgue toulousain au rang des chefs-d’œuvre.

Le grand orgue de tribune de la basilique Saint-Sernin, avec ses 54 jeux sur 3 claviers et pédalier, est un exemple parfait du grand art de la facture française symphonique de la fin du XIXe siècle. Des organistes du monde entier viennent y jouer les œuvres de César Franck, Charles-Marie Widor, Louis Vierne ou Franz Liszt. Ici, ils retrouvent la pureté des couleurs et des effets originaux étroitement liés à cette facture.