Histoire[s] d’orgues
Cette année, le festival a raconté l’orgue en histoires. Des histoires d’hommes et d’instruments, d’hier et de demain, des histoires de voyages et de rencontres, de projets et de souvenirs. Histoires en musique, évidemment !
Toulouse et quatre villes d’Europe, dotées d’orgues magnifiques, ont décidé de mettre en commun idées, artistes et moyens pour placer l’orgue au coeur de spectacles ambitieux, innovants, différents. L’instrument-machine qu’est l’orgue a mis ses immenses moyens au service des projets artistiques les plus créatifs. Ce projet européen, baptisé Connecting Arts, permet ensuite de faire voyager les créations des différentes villes.
Cette année, Toulouse les Orgues a lancé Suspend’s. Lancé…au sens propre ! La création chorégraphique de la compagnie In Senso, dansée à 7 mètres du sol sur le mur du musée Saint Raymond, a été une soirée pour tous. Les danseurs ont évolué sur une double improvisation : improvisation musicale sur l’orgue de Saint-Sernin sonorisé, et improvisation picturale avec un mixage en direct de vidéo et de peinture.
Ce projet européen a permis également de partager avec d’autres pays l’hommage émouvant rendu au compositeur Jehan Alain, né en 1911. Malgré sa mort prématurée sur le front, à 29 ans, Jehan Alain a laissé une œuvre exceptionnelle et les souvenirs d’une vie intense. Ses pièces pour orgue, mais aussi ses lettres, poèmes et dessins ont servi à Brigitte Fossey et Michel Bouvard de matériau pour l’élaboration d’un spectacle musical, mis en scène par Brigitte Fossey elle-même.
La commémoration du centenaire de la naissance de Jehan Alain a donné aussi l’occasion d’entendre de nombreuses œuvres du compositeur dont une transcription rare pour orchestre de ses Trois Danses, transcription interprétée par l’Orchestre National du Capitole, dirigé par son chef Tugan Sokhiev.
De très grands organistes ont été au rendez-vous, pour fêter une autre histoire, le bicentenaire de la naissance d’Aristide Cavaillé-Coll, et la révolution qu’il opéra dans la conception des orgues. Parti de Toulouse avec une recommandation de Rossini, il « monta » à Paris créer des orgues qui sonnaient comme des orchestres, et qui se répandirent ensuite dans toute l’Europe. Toulouse doit à Cavaillé-Coll l’orgue de l’église du Gesu et bien sûr l’un de ses plus beaux instruments, le grand orgue de la Basilique Saint-Sernin. Louis Robilliard, Daniel Briggs, Olivier Vernet ont donné des concerts exceptionnels sur cet instrument apprécié des organistes du monde entier.
Près de 150 artistes sont ainsi venus raconter des histoires d’hommes, de musique et d’avenir. Tous ensemble, ils ont mis en lumière et partagé avec le public ce patrimoine d’orgues particulièrement précieux qui fait la réputation internationale de Toulouse et de la région Midi-Pyrénées.
