L’église du Gesu

La ville de Toulouse a acquis en 2000 cette église, aujourd’hui désaffectée du culte. Après des travaux de restauration, elle a chargé l’association Toulouse les Orgues de faire vivre ce lieu.

L’église du Gesu tient son nom des Jésuites, qui sont à l’origine de sa construction. La compagnie de Jésus a acheté en 1853 l’ancien hôtel de la Sénéchaussée et un vaste terrain. Après la démolition de l’hôtel et d’une partie importante de l’ancien rempart gallo-romain de la ville, elle charge l’architecte Henri Bach de la construction d’une grande église dans le style néogothique et d’un noviciat.

L’architecte s’inspire de l’art du XIIIe siècle, mais il en fait une interprétation très libre. Il réalise sur le plan stylistique une fusion entre le gothique du nord et la production méridionale. L’ensemble apparaît comme un compromis entre la formule méridionale de la nef unique avec chapelles entre les contreforts et les formes plus septentrionales.

L’intérieur est très séduisant avec des colonnes qui s’épanouissent en chapiteaux feuillagés, une décoration peinte de grande qualité, œuvre du jésuite Auguste Bach (1819-1890), frère de l’architecte, et de nombreux vitraux du toulousain Louis-Victor Gesta.

L’église du Gesu abrite un orgue Cavaillé-Coll construit en 1864 et classé monument historique en 1977. C’est après la reconstruction du grand-orgue de la Cathédrale Saint-Étienne en 1852, qu’Aristide Cavaillé-Coll érige en 1864 cet instrument neuf inauguré par Lefébure-Wély. Le buffet néo-gothique, avec ses deux plates-faces et ses trois tourelles en tiers-point, renferme un orgue de vingt-quatre jeux répartis sur deux claviers manuels et un pédalier. Sa composition est caractéristique de la seconde manière de Cavaillé-Coll. Cet instrument méconnu est cependant un authentique chef-d’œuvre du célèbre facteur.