Édito : L’orgue fait dialoguer les cultures

21e Festival international Toulouse les Orgues

La musique est une sacrée voyageuse, qui a tendance à se faire très vite des amis partout. Les musiciens sont toujours prompts à adopter un instrument, une mélodie ou un rythme lointain. On pense à Ravel et l’Espagne, Debussy et l’Asie, mais c’est toute l’histoire de la musique qui est imprégnée de sons venus d’ailleurs.

Bien sûr, l’orgue a fait partie de nombreux voyages. On le connaît aujourd’hui massif, chrétien, tempéré. Pourtant, il a conquis l’Europe depuis Byzance. Puis il s’est exporté et s’est adapté. Il est devenu fantastiquement baroque au Mexique, rutilant dans les stades américains, en bambou aux Philippines.

Cette année, le festival a choisi de faire la part belle au métissage et au dialogue, comme un écho réconfortant à l’actualité. L’orgue ira ainsi à la rencontre du taragot klezmer et de la musique turque, de l’oud arabe et de la guitare électrique. Il fera entendre des musiciens qui ont subi l’exil, comme John Bull, et des compositeurs fascinés par l’Orient, comme Alain et Florentz.

Il y a tout juste vingt ans, Michel Bouvard et Jan Willem Jansen ont créé ce festival pour replacer nos superbes instruments au cœur de la vie musicale toulousaine, puis bien au-delà. Aujourd’hui, avec l’équipe de Toulouse les Orgues, nous poursuivons un nouvel objectif : élargir l’audience, ouvrir le répertoire, mélanger les styles, tenter des expériences. Dialoguer donc, et avec toutes les cultures, pour que l’orgue poursuive longtemps encore un si beau voyage.


















Yves Rechsteiner,
directeur artistique du Festival international Toulouse les Orgues